50 ans du massacre de Zemla

MANIFESTE

Le 17 juin 1970 les autorités espagnoles ont ordonné à l’armée de tirer contre une multitude d’hommes, de femmes et d’enfants sahraouis que s’étaient ressemblés dans le quartier de Zemla, dans la ville de Laâyoune, capital du Sahara Occidental (à ce moment était le Sahara espagnol) pour demander la fin de la politique coloniale espagnole. Le rassemblement, de caractère totalement pacifique, a été convoqué par le connu Mouvement de Libération du Sahara (OALS). Cette organisation avait regroupé une grande partie de la population sahraouie avec le premier grande objectif de structurer l’opposition à l’occupation espagnole du Sahara Occidental. Il constitue le précédent immédiat du Front POLISARIO et son Leader, Mohamed Sidi Brahim Basir «Bassiri», qui a été arrêté par les autorités espagnoles comme des centaines de sahraouis. Un nombre non déterminé de sahraouis sont mort ou ont disparu à cause de la répression des autorités espagnoles.

Depuis 50 ans, les gouvernements espagnols, tant du franquisme comme de la démocratie, ont refusé de donner des clarifications sur ces événements, d’indiquer et de punir les responsables et de s’excuser avec les victimes. On ne connaît pas le nombre réel des personnes mortes et blessées, les noms et le nombre des personnes arrêtées pendant les événements, les circonstances de leur détention et le traitement reçu. Aucune enquête officielle a clarifié le destin final de Bassiri, qui est resté dans les mains des autorités espagnoles près d’un mois et qui, selon tous les indices, a été fait disparaître par ces mêmes autorités.
Lutte contre l’impunité. Ni le temps passé ni les changements produits dans l’administration et la législation espagnole peuvent servir à dissimuler les faits et non plus à justifier le manque d’action pour éclaircir la vérité, exercer la justice et réparer aux victimes. L’État espagnol est obligé, selon les conventions internationales qu’il a signées, la dignité et le respect des droits humains, de fermer cette page noire de son histoire.

Bien que celui-là et d’autres crimes, commis pendant plus de 100 ans d’administration coloniale au Sahara Occidental, ne puissent pas être compensés jusqu’à ce que l’État espagnol facilite l’exercice libre et démocratique du droit à l’autodétermination du Peuple Sahraoui, et nous voulons profiter de cet anniversaire triste pour revendiquer :

  1. Que le Gouvernement espagnol, conformément à ses obligations et au devoir avec la mémoire historique, reconnaisse et assume la responsabilité de l’État dans les événements de Zemla en promouvant les recherches nécessaires pour l’éclaircissement total des faits.
  2. Qu’il, par conséquent, établisse les mesures nécessaires pour identifier et, dans ce cas, punir les coupables.
  3. Que le Gouvernement espagnol établisse les mesures nécessaires pour assurer une réparation pleine et effective pour les victimes, dans la forme de réhabilitation, indemnisation, satisfaction et garanties de non-répétition.
  4. Que le Gouvernement espagnol propose devant les institutions internationales – en particulier devant l’Union Européenne et l’Union africaine – la réhabilitation de Mohamed Sidi Brahim Basir «Bassiri» comme figure significative de la lutte contre la domination coloniale et pour la liberté des peuples.
  5. Que le Gouvernement espagnol, vu que l’État espagnol est encore la puissance administrative du Sahara Occidental, en accord avec la législation internationale, se compromette de manière claire à travailler pour l’exercice immédiat et effectif du droit d’autodétermination du Peuple Sahraoui.
  6. Que l’Union Européenne, l’Union africaine et l’ONU exigent de l’Espagne et surveillent l’accomplissement de ses obligations en tant que puissance administrateur du Sahara Occidental.
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